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Un extrait de la préface d'Edward de Bono
 


Le plus grand expert mondial en matière de créativité d'entreprise
, (voir l'enquête d'Accenture*), l'inventeur de la penée latérale et de la méthode des Six chapeaux
.

(…) En France, le potentiel de créativité est encore plus sous-utilisé qu’ailleurs.
Certes, elle a ses promoteurs, dont quelques-uns se sont inspirés de mon travail, mais il n’existait pas de vue d’ensemble ni, surtout, de méthodologie professionnelle. C’est ce qu’apporte ce livre.
J’ai toujours défendu la créativité structurée (serious creativity) et l’idée que le meilleur moyen de lutter contre la concurrence est la pensée créative. Les auteurs défendent un concept très proche, celui d’intelligence créative, correspondant pour moi à de la créativité efficace, pour imaginer et mettre en œuvre des stratégies gagnantes.
J’aime définir la créativité comme de l’« efficacité inattendue ». Nos deux acolytes vont plus loin. Ils disposent les deux composantes de cette définition sur deux axes, divisent chaque axe en trois degrés et expliquent que le challenge de la créativité n’est pas d’être inattendue et efficace mais d’être très inattendue et très efficace — et cela, qui plus est, dans le minimum de temps, ou pour le minimum d’argent.
Dès les années quatre-vingts, j’avais expliqué combien le brainstorming tel qu’il est généralement conçu pouvait être dangereux — personne ne se sent plus obligé d’être créatif en dehors des brainstormings annuels — et risquait de faire régresser la créativité. Il est bon de temps en temps pour trouver des noms de marque et des idées publicitaires, mais ne s’applique pas à la solution de problèmes pratiques qui se posent de façon permanente dans l’entreprise. Et je suggérais alors qu’il nous faudrait trouver un nouveau mot, et avais même proposé brain-sailing, pour désigner ces réunions où l’on trouve des idées.
Ce mot, je l’ai trouvé dans ce livre : voici, pour désigner un nouveau processus continu en équipe, le challenge-storming, qui met enfin en pièces le brainstorming, et consiste à monter collectivement à l’assaut (to storm) d’un challenge, un but qu’on s’est fixé ensemble. J’ai toujours pensé, pour ma part, que le challenge est peut-être le processus créatif de base. Au cœur du challenge-storming, il y a cette provocation, cette émulation créatives inspirées par des scénarios concurrentiels.
Pour éviter de sauter sur la première fausse bonne idée venue, j’ai toujours préconisé la méthode du quota de solutions . Nos deux auteurs ont à cet égard une position radicale. Ils affirment et prouvent que tout problème dans ce monde a au moins trois solutions — à l’exception des problèmes scolaires de mathématiques, conçus pour n’en avoir qu’une. Faute d’avoir trouvé au moins trois solutions différentes, l’équipe doit revoir sa copie jusqu’à ce qu’elle les trouve. Voilà qui est, selon ma définition de la créativité, inattendu et efficace. Car nous n’avons jamais vu d’équipes qui, ayant imaginé trois solutions, s’arrêtent là. Sous la pression d’un tel challenge créatif, elles en trouvent une quatrième, puis une cinquième.
Le vrai changement, la véritable innovation (produit ou organisationnelle) sont à ce prix.


* http://www.accenture.com/xdoc/en/ideas/outlook/1.2003/pdf/outlook_topfifty.pdf

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©2004 Jean–Louis Swiners
Dernière mise à jour : 10/07/04