« Remue-méninges », « tempête de cerveaux », « tempête sous un crâne », « giboulée d'idées », « réunion-ruche » (sic), etc. le brainstorming aura subi tous les avatars et toutes les avanies. Résultat : il est la plupart du temps improductif et le reste du temps contre-productif.
    Revenons à l'étymologie. To storm— le verbe — doit se traduire ici par monter à l'assaut, attaquer ensemble une position. Et brainstorming par « réunion d'attaque d'un problème ponctuel. » Et une attaque, cela se prépare, s'exécute et s'exploite. De même pour un brain-storming, si l'on veut qu'il soit productif.
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Brainstorming
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Le brainstorming. Son histoire


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Le brainstorming.
1. Son invention en 1935 par Alex Osborn et ses avatars
 

À l'origine, « L'attaque d'un problème dans un style commando (the storming of a problem in a commando fashion) » pour reprendre les propres mots de son inventeur.
     
Alex Osborn, le « 0 » de lBBDO, l'agence de publicitéAlexander Osborn,
le « O » et
le président de BBDO
  Un brainstorming chez BBDO, New York en 1959, chez BBDO
 
La grande époque du brainstorming.
Une séance de brainstorm à BBDO New York à la fin des années cinquante photographié par Philippe Halsman
Au mur à droite, les règles de base (Brainstorm Ground Rules).
À droite en bas, la sténotypiste qui enregistre toutes les idées.

1935-1939. Alexander (Alex) Osborn, président de l'agence de publicité BBDO (Batten, Burton, Durstine & Osborn) invente une technique d'animation de réunion qui grâce à quatre règles simples empêche les participants de faire des objections continuelles aux suggestions émises par les autres.
La principale règle n'est pas formulée. Imposer au nom de la quantité un rythme qui empêchera de fait les participants de formuler les objections interdites.

Les participants appellent ces réunions des « brainstorm» sessions. « When I first organized such group-thinking in our company [BBDO, Barton, Batten, Durstine & Osborn], the early participants dubbed our efforts « Brainstorm Sessions » ; and quite aptly so because, in this case, « brainstorm » means using the brain to storm a creative problem — and do so in commando fashion, with each stormer attacking the same objective.»
Rappelons que le verbe « to storm » veut dire en anglais « prendre d'assaut » comme dans The Storming of the Bastille (voir par exemple Wikipedia)
 …
  1948   1953  

1948. Son premier livre Your Creative Power. How to Use Imagination to brighten life, to get ahead,en dévoile (déjà) tous les secrets ainsi que les opérateurs du concassage .
Il y donne ses quatres règles :

1. Les critiques des idées des autres sont interdites
2. La pensée débridée est la bienvenue
3. La quantité est demandée
4. La combinaison et l'amélioration des idées des autres sont recherchées

Et ses huit opérateurs : adapter, modifier, magnifier, minifier, substituer, re-arranger, intervertir et combiner qui deviendront en France la technique du concassage et aux États-Unis l'acronyme Scamper.
Tout était pratiquement dit.
 

1953. Deuxième livre. Applied Imagination. Principles and Procedures of Creative Problem-Solving. Avec, en couverture cette citation d'Einstein : « Imagination is more important than knowledge ».

Le sous-titre est trompeur. Osborn, dans le corps du livre insiste bien sur le fait que qu'un brainstorming n'est que l'une des nombreuses phases de la recherche d'idées.
Il y redonne ses quatres règles et ses opérateurs d'idéation.
Il précise un point : il faut bien distinguer au cours du processus d'ideation les idées (de solution) des solutions.
1959 (juin) Traduction en français : L'Imagination constructive. Comment tirer partie de ses idées. Principes et processus de la Pensée créative et du Brainstorming sous une très curieuse couverture : la tête d'un philosophe grec.
Le mot brainstorming débarque en France.

     
1959
1964
1964. Deuxième édition de L'Imagination constructive. Préface de Louis Armand, préface qui sera supprimée dans les réimpressions qui suivront.
1964. Parution en France de la traduction de Brainstorming (1958) de Charles Clark chez Dunod
1970. Réédition chez Dunod de Brainstorming de Charles Clark
1973. Edward de Bono consacre un chapitre au brainstorming (organisation, mécanisme, erreurs courantes à éviter, etc.) dans La Pensée latérale, Entreprise Moderne d'Édition, traduction de Lateral Thinking for Management, 1971.
1976. Nouveau tirage de L'Imagination constructive. Sous-titre en couverture : Créativité et brainstorming
1980 environ. Invention anonyme de l'expression « remue-méninges ».
1988. Nouveau tirage.
1990. Glissement sémantique. Si « to storm » le verbe, veut dire « attaquer » , « monter à l'assaut », « storm »,  le nom, lui, a deux sens : 1/ attaque, assaut et 2/ orage, tempête.
Les consultants en créativité, même américains, oublient le premier sens pour privilégier le deuxième : celui d'une giboulée d'idées (comme nous a dit l'un d'entre eux, en français, un américain de Boston !) qui tombe du ciel (grâce à ses services ?…).
Une des illustrations de Résoudre les problèmes par la créativité (p. 109) va jusqu'au bout de l'idée : elle représente un nuage, des éclairs et la pluie d'idées qui s'abat sur les participants d'un brainstorming avec Post-It.
2000. Robinson et Stern, dans leur livre : L'Entreprise créative, en rappellent l'étymologie … et l'inefficacité.
Etc.


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Dernières modifications : 13 décembre 2007